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Folio
3 - Le Hortus deliciarum de l’abbesse Herrade de Landsperg. (de Hohenbourg)
3-4.  Vue d’ensemble du contenu selon le texte et les peintures
Ce dernier événement (la chute d'Adam) — l’oubli des préceptes divins, les diverses inventions, même bonnes, auxquelles les hommes s’adonnaient alors, l’éloignement de la vraie foi vers l’idolâtrie, etc. — amène des extraits sur la philosophie et les arts libéraux, particulièrement sur la musique, ainsi que sur les neuf Muses et l’ensemble de l’Hélicon mythologique. Des neuf sœurs, on voit, dans des médaillons entrelacés, les bustes accompagnés de leurs noms, dans le Codex du XIIe siècle ; elles sont dépourvues d’attributs, à l’exception d’Uranie.
représentation allégorique qui se trouve ici de la Philosophie et des sept arts libéraux  Tout particulièrement intéressante est la représentation allégorique qui se trouve ici de la Philosophie et des sept arts libéraux ): dans un cercle intérieur, dans la moitié supérieure, plus grande, la Philosophie est assise sur un siège à coussin ; de ses flancs jaillissent les sept sources des arts libéraux (on lit à cet endroit : Spiritus sanctus est inventor septem liberalium artium : “L’Esprit Saint est l’inventeur des sept arts libéraux”) ; comme tête, elle porte, surgissant d’un diadème, trois têtes, désignées par l’inscription ethica, logica, physica. Socrate et Platon sont assis dans la moitié inférieure du cercle, à leurs pupitres, devant des livres ouverts. 32R
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Sur le cercle intérieur reposent sept arcs, dans chacun desquels se tient, sous la forme d’une figure féminine, l’un des sept arts libéraux avec ses attributs, à savoir : grammatica, avec un livre et une férule ; rhetorica, avec un stylet et une tablette à écrire ; dialectica, tenant dans la main une tête de chien aboyant ; musica, une harpe (avec l’inscription cithara), à côté de laquelle sont suspendus à l’arc deux autres instruments à cordes ; arithmetica, avec une sorte de machine à calculer ou corde semi-circulaire composée de nœuds blancs et noirs ; geometria, avec un compas et une règle ; astronomia, avec un boisseau. L’ensemble est entouré d’un grand cercle. Tout est abondamment pourvu de sentences et d’explications.
Au-dessous et à l’extérieur du cercle sont assis des poètes ou des magiciens (poëtae vel magi) à leurs pupitres, avec des livres ouverts, tenant en main une plume et un canif ; chacun a sur l’épaule un oiseau noir qui lui murmure à l’oreille ; à côté se trouve ce que le texte répète également : isti immundis spiritibus inspirati scribunt artem — “ceux-ci, inspirés par des esprits impurs, écrivent leur art magique et poétique, bien qu’il ne s’agisse que de récits fabuleux. C’est précisément pour cette raison que les poètes du paganisme sont ici si sévèrement décriés, parce qu’ils ont chanté la doctrine païenne des dieux.
L’histoire des patriarches avance maintenant rapidement ; les peintures montrent les combats et les pérégrinations d’Abraham ; la fuite de Sodome et de Gomorrhe (avec, en dessous, la femme de Lot sous la forme d’une colonne, et, au-dessus, encore sous l’aspect d’une femme curieuse) ; le sacrifice d’Isaac, Ésaü le velu, et Jacob avec ses gants hérissés de poils ; l’échelle de Jacob ; Joseph vendu par ses frères. 36V
Immédiatement après cette dernière peinture viennent : Moïse devant le buisson ardent ; le même devant Pharaon ; la sortie d’Égypte et la marche à travers la mer Rouge ; la poursuite par Pharaon et sa mort dans les flots (les poissons nageant dans la mer sous des formes diverses et assez cocasses sont remarquables). Le passage de la mer Rouge entraîne de nouveaux extraits de l’Aurea gemma sur les noms des mers, des golfes et des fleuves, par exemple : Ister vel Danubius : Dunowe ; Rotanus : Roten ; Renus : Rin. 
« Nous donnons cette peinture entière dans notre huitième planche. » La représentation de l’Arche, avec tous les objets qui lui sont associés, se trouve en double sur deux pages qui se font face, exécutée avec un grand soin. L’une des représentations est achevée en couleurs et richement dorée ; dans l’autre, seuls les contours tracés à la plume sont pour l’instant terminés, la mise en couleur n’est pas encore faite ; dans cette dernière représentation, les douze tribus d’Israël forment l’encadrement. 44V
La feuille suivante donne la représentation des 40 étapes ou lieux de séjour des Israélites dans le désert sous une forme symbolique, de sorte que chaque étape (mansio) est représentée par un château, une église ou un autre édifice.