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Folios
3 - Le Hortus deliciarum de l’abbesse Herrade de Landsperg. (de Hohenbourg)
3-4.  Vue d’ensemble du contenu selon le texte et les peintures
Il nous est difficile de dire et redire, que malgré tous nos efforts, Engelhardt nous décrit un livre qu'il a alors sous les yeux avec leurs textes et leurs merveilleuses couleurs. Et que nous devons, faire une lecture attentive de ses descriptions car nous avons perdu certaines de ces si belles scènes.
Immédiatement après la représentation de Josué, qui marche maintenant à la tête des Israélites, vient Samson, emportant les portes de la ville ; puis Samson faisant s’effondrer le temple avec les Philistins ; et, encore sur la même page, David et Goliath. Le texte traite de Samson, des Nazaréens ou des Juifs, de David, qui est en même temps représenté jouant du psaltérion ; juste au-dessous, Élie monte au ciel sur le char de feu, exactement comme précédemment le dieu Soleil, et Élisée s’empare du manteau miraculeux. 
Dans les peintures suivantes se succèdent immédiatement Job dans sa révolte et ses trois amis ; Tobie sous le nid d’hirondelles malpropre ; Judith et Holopherne ; Esther et Assuérus, où, à côté du banquet royal, Haman est pendu au gibet comme exemple d’une justice prompte. Sur la même page encore, Cyrus, Darius et Artaxerxès sont assis côte à côte sur un trône et donnent à Esdras la permission de rentrer chez lui avec les Israélites. De même, ces sujets se touchent dans le texte.
Jonas apparaît tout particulièrement dans une posture pitoyable, . . Les douze prophètes sont représentés debout, côte à côte, chacun avec une bande de parchemin sur laquelle est inscrite une prophétie. Une fois encore, Jonas apparaît tout particulièrement dans une posture pitoyable, précisément au moment où l’énorme baleine, qui occupe toute la longueur de la figure colossale, le recrache de son séjour inconfortable (exactement d’après une représentation coloriée, dont la forme reste assez approximative, mais portant l’inscription cete -baleine).  62V
folio 64 R Christen-Tisserant
Cette image n'était pas incluse dans l'ouvrage d'Engelhardt 64R
Les visions de Zacharie donnent matière à une peinture exécutée avec beaucoup d’imagination : on y voit le Christ auquel, malgré la résistance de Satan armé d’un crochet, on revêt les vêtements du grand prêtre ; puis le chandelier à sept branches entre les oliviers ; la pierre aux sept yeux ; la montagne et, sur celle-ci, des hommes armés ou l’armée, selon les paroles de l’ange dans Zacharie ; la femme sur laquelle l’ange jette la masse de plomb, etc. Mais cette représentation n’a été qu’ébauchée par Herrade ; une partie des contours, les peintures et beaucoup des mots qui les accompagnent sont, à en juger par des traces peu perceptibles, d’une main quelque peu plus tardive et beaucoup moins habile ; c’est le seul exemple dans le Manuscrit d’un apport hétérogène quelque peu important ; çà et là seulement, on reconnaît encore quelques mots de cette même main plus tardive. 
64V
Après la représentation des trois hommes dans la fournaise viennent d’abord deux peintures allégoriques sur le rapprochement de l’Ancien et du Nouveau Testament : dans l’une, la figure principale, assise, possède deux têtes, l’une de Moïse, l’autre du Christ ; elle tient dans une main un aspersoir, dans l’autre le calice du Nouveau Testament.
Dans une série de chapitres, toutes les figures de l’Ancien Testament sont ensuite reprises une nouvelle fois dans leur relation allégorique avec le Nouveau ; puis vient, d’après Frechulf, l’histoire allant de la Création jusqu’à Tibère, comme mise en relation de l’histoire générale du monde avec l’histoire biblique jusqu’à l’époque de la naissance du Christ.
La généalogie du Christ est également rendue sensible dans une peinture . . . La généalogie du Christ est également rendue sensible dans une peinture : l’arbre généalogique, planté par la Divinité, montre dans sa partie centrale la figure d’Abraham et, au-dessus, les têtes de tous les patriarches, des rois et de leurs descendants jusqu’à Joseph ; au-dessus de celui-ci siège Marie, et sur sa tête apparaît le Christ ; dans les branches latérales sont rassemblés les patriarches, les prophètes, les rois juifs et leur peuple ; dans la ligne supérieure, à côté du Christ, les apôtres et l’ensemble de la chrétienté, le pape et le clergé, les rois et les peuples. » 80V
folio 80 V Christen-Tisserant
Cette image n'était pas incluse dans l'ouvrage d'Engelhardt
Tout à fait singulière est d’abord une autre peinture, où la Divinité forme un ange, au-dessus de la croix du Christ, et fait descendre avec elle les têtes des patriarches et des prophètes, suspendues à une corde dans la gueule du Léviathan ou du monde pécheur… 
83V