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Remarque Importante de l'auteur du site
3 - Le Hortus deliciarum de l’abbesse Herrade de Landsperg. (de Hohenbourg)
Entre la guérison du fils du Régulus (folio 126V) reproduite par Engelhardt (planche V - en bas à gauche)  et le songe de la femme de Pilate (folio 142V), Engelhardt ne fait pas mention d'un manque de miniatures.

Pourtant, il note au chapitre 3-2 que le nombre total de folios avait été noté en marge au nombre de 342 folios. Alors qu'il ne disposait plus que de 324 folios. Il note aussi une rupture de texte entre les folios 15 et 16.

Or dans le déroulement du nouveau testament qu'Herrade suit correctement, il n'est pas possible qu'elle ait omis la résurrection de Lazare (folio 128V), l'entrée dans Jérusalem "dite les Rameaux" (folio 130 V), ni les séquences de la préparation de la Pâque (lavement des pieds, folio 132 V) et bien sûr la Cène, et ce avant l'arrestation de Jésus.

On verra que Rosalie Green signale à ces endroits (folio 131V) des manques de miniatures, repérées par d'autres documents dont elle avait connaissance.

Mais ce qui est clair ici, c'est qu'Engelhardt en 1818, ne voit plus ces miniatures, car il ne les décrit pas, ce qu'il n'aurait pas manqué de faire, avec la précision qu'on lui connait. L'ouvrage d'Herrade avait donc été "pillé" bien avant et ces images très importantes avaient dues être jugées de grande valeur.
3-4.  Vue d’ensemble du contenu selon le texte et les peintures
La suite de l’histoire de la vie du Christ, les miracles, l'excuse de chacun des invités est représentée séparément : l'un montre le domaine qu'il a acheté ; l'autre les cinq paires de bœufs qui se tiennent là, bien comptées ; le troisième la femme qu'il a prise, etc. D'après ce que Luc dit au sujet de la venue du Royaume de Dieu, on en voit deux couchés dans un lit, deux autres occupés à moudre le grain (la meule étant représentée de façon grande et précise), deux autres encore à labourer ; parmi chacune de ces paires, l'un est ensuite emporté par un ange.
112V
D'après Jérôme (Histoire ecclésiastique), est rapportée la légende de la statue du Christ, que la femme guérie de son flux de sang par le contact de la frange du vêtement du Seigneur aurait fait ériger en signe de reconnaissance ; et que Jérôme dit avoir vue, tout comme des statues semblables de Pierre et de Paul, dans leur état original.
On raconte ensuite, d'après le Speculum ecclesiae, que cette femme — appelée ici Véronique — aurait fait peindre l'image du Christ sur une étoffe (in panno depingi) ; alors Tibère, consumé par une longue maladie, ayant entendu parler du médecin miraculeux qui se trouvait en Palestine, envoya un messager pour le faire venir ; celui-ci, après avoir appris avec dépit la mise à mort du Christ, réussit à se procurer cette image et à l'apporter à Rome. Là, l'empereur fut aussitôt guéri à sa vue et ordonna pour cette raison d'adorer le Christ comme Seigneur ; et comme le Sénat ne voulut pas y consentir, il en fit punir beaucoup par l'épée et par l'exil.
Il ressort donc de cette légende qu'à l'époque de l'auteur du Speculum ecclesiae, on peignait déjà des images sur étoffe, représentée ici avec cette même précision, et en outre accompagnée d'un poème de Herrade, encore non imprimé à l'époque, avec accompagnement musical, intitulé de primo homine (“du premier homme”), dans lequel cette parabole est rapportée à la rédemption du genre humain tombé dans les griffes des brigands infernaux.
Un poème d'Anselme, long de plusieurs pages, de Sacramentis novi Sacrificii (“Des sacrements du nouveau sacrifice”), ouvre le récit de la Passion du Christ. Celle-ci est traitée dans le texte de manière très développée, avec toutes sortes d'explications et de rapprochements, et elle est également rendue visible dans une série de peintures. Parmi celles-ci se distingue le rêve de la femme de Pilate : non pas ici, comme chez Klopstock, un cadre céleste de tendre compassion ; non, c'est une suggestion du diable, qui se tient auprès du lit de la dormeuse, et dont la prétendue bienveillance à vouloir sauver le Sauveur en cette circonstance est attribuée à son désespoir devant l'œuvre de la Rédemption qu'il voudrait empêcher. 142V
 le rêve de la femme de Pilate
folio 142 V Christen-Tisserant
Cette image n'était pas incluse dans l'ouvrage d'Engelhardt
La peinture représentant l'accomplissement de la mort sacrificielle sur la croix présente beaucoup de particularités. Au-dessus de la croix, on voit le Soleil et la Lune obscurcis. Le premier, avec sa main dessinée à l'intérieur du disque solaire, essuie son œil en larmes. Outre les deux brigands crucifiés à côté du Christ et les figures de Marie, Jean, Étienne et Longin qui se tiennent autour de la croix, apparaissent deux images allégoriques : l'une représente l'Église triomphante, portée par un animal aux quatre têtes, auxquelles sont associés les attributs donnés aux Évangélistes ; d'une main elle porte son étendard victorieux flottant, et de l'autre recueille dans le calice de la Cène le sang qui jaillit du côté du Christ ; en face se trouve l'Église triomphante et la Synagogue sur un âne, devenue aveugle 150R
Un voile de pluie lui tombe profondément sur les yeux, son étendard repose renversé contre son cheval gris ; dans son giron elle tient le bouc émissaire de l’Ancien Testament, et de l’autre main le couteau sacrificiel. Au-dessous de la croix se trouve le tombeau d’Adam.
Lors de l’Ascension, le Christ se tient à l’intérieur d’un anneau ovale que les anges portent vers le ciel.
Une légende du texte concernant la croix du Christ est trop singulière pour ne pas être signalée ici. Adam, qui souffrait de la goutte, envoya son fils au Paradis chercher une pousse d’un arbre antirhumatismal afin de soulager son mal. Il planta le rameau que l’ange chargé de la garde lui avait gracieusement accordé. L’arbre qui en résulta fut, avec beaucoup d’autres, transporté à Jérusalem pour la construction du Temple, mais resta là inutilisé. Plus tard, on l’employa comme passerelle au-dessus d’un fossé dans la ville. Un jour, la reine de Saba devait passer dessus lors de sa visite ; avertie par une sorte d’instinct, elle refusa de le faire et l’adora. Plus tard encore, on avait jeté le madrier dans un bassin destiné aux moutons ; il y fut retrouvé au moment de la Crucifixion, alors que le bassin était justement à sec, et fut utilisé pour fixer la croix du Christ. 
Lors de l’Ascension, le Christ se tient à l’intérieur d’un anneau ovale que les anges portent vers le ciel. 167R
De nombreux extraits ont été rassemblés sur les Actes des Apôtres, notamment sur l’effusion et la nature du Saint-Esprit. Les peintures qui s’y rapportent offrent de nouveau quantité de choses remarquables. L’effusion du Saint-Esprit sur les Apôtres est représentée de telle sorte que du bec de la colombe qui plane au centre partent autant de rayons qu’il y a d’Apôtres, lesquels s’écoulent au-dessus de leurs têtes et s’embrasent en flammes. 167V
Chaque fois qu’un baptême est représenté, celui qui reçoit le baptême se tient entièrement dans un grand récipient ou une cuve en bois ou en pierre.
Comme le Christ, du haut de la croix, confia sa mère à Jean, celui-ci est représenté comme le premier gardien des vierges et des veuves consacrées à Dieu ; autour de lui se trouvent Marie et les autres femmes qui suivaient le Christ, vêtues en religieuses ; le texte donne, conformément à cette même conception, des développements sur les religieuses et les veuves consacrées.
Dans toutes les représentations, l’apôtre Pierre est doté d’une tonsure au sommet de la tête ; en revanche, Simon le Magicien porte autour de la tête un anneau rasé, qui, selon l’explication, devait représenter le zodiaque. Ailleurs, on voit Pierre accomplissant une guérison miraculeuse grâce à son ombre verte. Plusieurs peintures sont consacrées à l’histoire de la conversion de Paul ; là où le Christ apparaît au persécuteur Saul, un loup et un agneau placés à côté de Saul symbolisent la transformation qui s’ensuivit.
189R
Aux chapitres consacrés aux Actes des Apôtres succèdent de nouveaux extraits de Frechulf sur l’envoi des Apôtres, puis l’histoire des empereurs romains dans leur rapport avec les destinées de l’Église chrétienne : son triomphe sous Constantin, les attaques qu’elle eut à subir du fait des hérésies, notamment celle d’Arius, etc. Ces extraits se terminent avec l’empereur Phocas, qui aurait déclaré Rome capitale de l’Église.
Deux représentations : l’une, Paul baptisant une Éthiopienne, comme symbole de l’Église ouverte à tous les peuples, y compris aux païens ; l’autre, le Christ plaçant la couronne de la souveraineté sur l’Église, son épouse, qui s’approche sous une forme féminine à la tête de tous les Apôtres. 199R
196R
folio 167 R Christen-Tisserant
Cette image n'était pas incluse dans l'ouvrage d'Engelhardt