Home 3.jpg Aide 5.gif loupe 7 zeus.gif
folio
3 - Le Hortus deliciarum de l’abbesse Herrade de Landsperg. (de Hohenbourg)
3-4.  Vue d’ensemble du contenu selon le texte et les peintures
*I) - Voir nos XI ° et XII ° planches gravées sur cuivre.  Le tableau final *I) est particulièrement consacré au monastère de Hohenburg. Le sol vert représente le mont Hohenburg (mons Hohenburc), avec la curieuse inscription dellifer, c'est-à-dire “élevé” ou “sublime”. 
Sur la feuille, à gauche du lecteur, on voit au-dessus le monastère : devant son entrée se tient le Christ, tenant dans la main gauche un parchemin déroulé portant la parole précédemment citée adressée à la communauté du monastère (vos quas includit, etc.) ; à sa droite se trouvent Marie et Pierre. Un peu plus bas, le duc Attich, agenouillé sur son manteau princier qu'il a ôté par révérence, offre aux êtres célestes le monastère comme présent du matin, en leur tendant une verge d'or que tous trois saisissent d'une main. À gauche du Christ se trouvent Jean-Baptiste et sainte Odile (car Odile devait témoigner à ce saint une vénération particulière et lui consacra une chapelle de son monastère, dans laquelle elle fut également ensevelie). Sur la même page, plus bas, le duc Attich, revêtu de tous ses ornements princiers, est assis sur un trône et remet le monastère, en présentant les clés, à Odile, première abbesse, qui s'approche à la tête de ses vierges consacrées à Dieu.
Relinde et, lui faisant face, Herrade sont ensuite représentées sur le même tableau. Toutes deux, comme les personnages précédents, sont représentées en pied. Entre les abbesses se trouvent, sur six rangées, les bustes de l'ensemble de leur communauté monastique, composée pour la plupart de femmes nobles. L'inscription dit : “Communauté religieuse, réunie charitablement à Hohenburg au service de Dieu au temps des abbesses Relinde et Herrade.” Sous chaque portrait figure le nom de baptême, et souvent l'indication du lieu de naissance, peut-être aussi, pour certaines, coïncidant avec celui de leur famille noble ou le constituant. La première est Adelhaid von Beimingen. Elle succéda à Herrade comme abbesse, ainsi que plusieurs autres dont les noms figurent sur le tableau, dans un laps de temps assez court. Il s'agit de quarante-six religieuses du monastère ou de la fondation, et de douze sœurs converses (conversae), sans compter un premier et un dernier buste auxquels aucun nom n'est ajouté. Sur une croix placée devant Relinde, on lit l'adresse qu'elle avait précédemment adressée à la communauté du monastère ; et, sur un tableau placé devant Herrade, les vers suivants : 323R
Ô fleurs de neige, qui répandez les parfums de la vertu,
demeurant toujours dans la contemplation divine,
méprisant la poussière terrestre, courez vers le ciel,
afin de pouvoir contempler l'Époux qui est maintenant caché.
Le dernier vers, Quo nunc absconsum, valeatis cernere sponsum, est particulièrement beau : l'Époux caché est naturellement le Christ.
Ici, de même que lors de la remise du Temple par Salomon, cette action est représentée par la remise des clés ; il devient d'autant plus vraisemblable que, sur le monument de pierre mentionné plus haut, le livre que tiennent Odile et Attich n'a rien de commun avec la remise du monastère.
Voici la liste des noms jointe aux reproductions imprimées : Guta; Adelheit de Veimingen (Hûrnheim); Mechthild de Sneiter (Scheidheim); Adelheit und Edelind de Gundelvingen (Gundelfingen); Richinza de Werde (Donauwörth); Adelheit de Flöchberg (Bofingen); Odilia; Lukart de Loufe (Sulzbach-Laufen); Hedewic de Mellesheim (?); Heilwic de Eistette (Eischtätt); Gerdrut de Büch (Buch bei Dalkingen); Cunigunt; Margaretha; Gerdrut de Argentingai (Strasbourg); Adelheit de Bilrit (Bielriet près Schwäbisch Hall); Bersint; Agnes de Muziche (Mutzig); Adelheit de Louben (Sulzbach-Laufen); Offemia; Mechthild de Knoringen (Knöringen); Hedewic de Truhlettinge (Trochtelfingen); Lukart de Vendenbach (?); Rilint und Adelheit de Entringen (Entringen près Tübigen); Wilebirc; Gerdrut de Andela (Andlau); Anna; Uticha; Hedewic de Emmendorf (Hemmendorf près Rothenbourg ob der Tauber); Clementia; Herrat; Bertha; Hazicha; Ita; Juta; Richinza de Tremellen (?); Hedewic de Kazenstein (hameau de Hûrnheim); Gerdrut de Kreienheim (Cronheim); Adelheit und Methil de Niphe (Neuffen); Heilwic de Engenheim (?); Edellint de Hagenowe (Hagueneau ou Hanau); Hedewic de Argentina (Strasbourg); Christina; Agnes de Pusingen (?).
Voici les noms des converses : Richinza und Gertrud de Veimingen (Hürnheim); Demut; Heilwic; Sibillia; Methild de Talcheim (Talheim ?); Methild de Ehenheim (Obernai); Bertha de Andela (Andlau); Aba; Junta; Hiltegunt; Hemma.
 Deux petits poèmes sur le mont Hohenburg, accompagnés de musique (rythmus de monte Hohenburc), et Plusieurs œuvres sur le mépris du monde (de contemtu mundi) et sur les propriétés du monde (de propria mundi) achèvent l'ensemble de l'ouvrage. Voici encore, à titre d'exemple, le début de l'un des poèmes consacrés à Hohenburg :
Voici la liste des noms jointe aux reproductions
folio 323R Christen-Tisserant et également planche XII d'Engelhardt
Sur cette montagne, à la source vivante, les petites brebis s'abreuvent,
de la nourriture de vie, sans querelle, que les petites abeilles amassent,
elles boivent généreusement le nectar limpide des Écritures.
Qu'elles boivent, qu'elles boivent ; qu'elles vivent, qu'elles vivent toutes éternellement ! etc.
Note de l'auteur du site
Nous avons laissé les prénoms en l'état (pour certains faciles à deviner) et avons proposé la traduction des villes d'origine.